Cette journée, le 25 Avril 2007, je suis rentré chez moi après une longue journée à Nancy...je suis rentré pour voir la mine sombre de mon grand frère, inquiété par l'état de santé de notre chère mère que nous aimions plus que tout...mais je reviens au début de l'histoire...
En Juillet 2006 nous avons appris qu'elle était atteinte d'un cancer du sein, cancer qui soit disant se soigne bien... c'était avant de savoir qu'il était inflammatoire et donc plus difficile à maitriser... elle a souffert et a commencé à se battre sans encore savoir de quelle force elle allait devoir faire preuve...
Les chimio-thérapies se sont succèdées avec leurs effets indésirables, mais les résultats étaient là... plus que 5 chimio... 4...3...2...1... elle n'aura pas eu le temps de faire cette dernière chimio... alors que l'opération était prévue pour Noël... la raison : des cellules cancéreuses dans les méninges...nous venions de perdre notre premier espoir, après une bonne semaine de lamentation et de désespoir elle a retrouvé la force du combat, un nouveau traitement de chimio thérapie lui fut administré, 6 nouvelles séances, plus un traitement des méninges...
plus que 5 chimio , 4 , 3 , 2 , 1... les problèmes recommencent, un composant de la chimio aura fini par lui provoquer une série de convulsions... les médecins prennent peur, notre tante et ma marraine viennent nous chercher vers minuit direction l'hôpital... si elle venait à se réveiller nous devons lui expliquer qu'il est 6 h de l'après midi pour ne pas l'inquiéter...
Notre première vision, fut une mère maigre (elle avait perdu 15 kilos et elle pesait 46 kilos donc elle n'était plus en état de marcher car elle était trop faible)... mais tellement innocente recroqueviée sur elle même, un tuyau d'oxygène sous le nez... nous lui parlons chacun notre tour après un entretien avec le médecin qui nous dit clairement que son cancer s'est propagé et qu'elle est condamné...maintenant nous devons lui cacher qu'elle va mourir en plus du fait qu'il est minuit ce qui du coup nous parait beaucoup moins important...
Premières larmes pour mon grand frère, sentiment d'impuissance une inquiètude trop grande, une immense peine nous le laissons dans la chambre quelques minutes pour l'encourager à se battre...
Puis vient notre tour, Alan et moi... calmes et sereins... je m'asseois à côté d'elle, je lui dis que je l'aime que nous l'aimons tous et qu'elle doit se battre...malgré le fait qu'elle dorme je vois son visage se crisper comme si elle allait pleurer...je comprend alors qu'elle m'entend mais qu'elle n'arrive pas se réveiller... je continue mon discours, tout le monde entre dans la chambre... elle finit par ouvrir les yeux... sa première vision, moi... elle me sourit et malgré le peu de force qui lui reste elle parvient à se lever et à me prendre dans ses bras...
Mon père n'était pas là, à force de s'inquiéter pour l'amour de sa vie, il avait fait un accident vasculaire cérébrale, il était dans le même hôpital mais pas dans le même bâtiment...
Dès ce jour, ma mère a commencé à reprendre ses forces, à reprendre du poids, à remarcher sur ses pieds...les médecins qui doutaient de la voir passer la nuit, l'ont vu reprendre le dessus d'une telle force que peu de femmes auraient pu avoir une telle force de caractère, pour nous sa famille et par amour, l'amour d'une mère...
Nous venions d'apprendre à accepter sa mort, nous nous étions fait à l'idée, et malgré celà elle a vécu pour nous malgré la douleur, la souffrance perpétuelle de son dos, son sein, et de tout ce que la chimio lui avait abimé, elle avait choisit le courage de vivre encore pour nous...
Ce qui marqua son retour à la maison, nous étions à nouveau tous les 5 réunis, et détruits par tant d'épreuves...
Je peux dire maintenant que j'ai pu encore profiter de ma mère 2 long mois, la serrer dans mes bras, lui dire que je l'aimais... et je revois encore le bonheur et la fierté de ma mère, d'avoir trois beaux enfants comme nous, comme lui rappelaient un grand nombre de personnes, quand nous nous baladions avec elle et qu'elle rencontrait une amie de travail ou en dehors...
Maman hier soir tu nous as quitté sans que nous ayons eu le temps de comprendre ce qui arrivait, je fais ce témoignage pour t'honorer mais j'oublie tellement de choses importantes car il y a trop à dire tu représentais tellement de choses pour notre famille, pour ton mari et tes enfants... nous...
Ce 25 Avril 2007 à 23h50 tu as poussé ton dernier soupir et tu es parti c'est tellement douloureux à admettre et à accepter...
J'ai encore bien du mal à comprendre ce que celà signifie...
Mais je sais déjà que dans cette vie plus jamais je ne te reverrais, et tu me manques déjà atrocément...
Maman je suis fier de toi, je suis fier du combat que tu as mené même si tu ne l'a pas gagné et que ce monstre de cancer t'as enlevé à ceux que tu aimais, et qui te le rendais bien...
C'est énormément de personnes que tu vas laisser dans la tristesse...
Dont nous 4, ton mari et tes 3 enfants qui aimaient leur maman autant que des fils peuvent le faire, nous t'avons aimé jusqu'au dernier instant et nous t'aimerons encore bien après ta mort...
Maintenant tu vas rejoindre ta mère et notre chère Toutoune adorée, et vous nous attendrez là haut...
Je t'aime Maman, tu vis encore à travers moi...
Thomas