Ces paroles pour moi symbolisent non seulement notre Adieu, mais aussi la torture d'un tel déchirement, qui est si soudain... pour tes fils dont tu étais tellement fière, ton mari ce jeune homme que tu as rencontré au lycée, que tu as aimé et avec qui tu as décidé de faire ta vie... mais pour toute notre famille... tes amis, et tout le monde qui t'as soutenu dans cette épreuve que tu as du affronter avec tant de bravoure... et qui t'as enlevé à ceux que tu aimais... Maintenant les jours se traînent dans la tristesse...sans ton sourire, ton rire que je déclenchais avec Alan tant que je le pouvais tant il me faisait du bien et me rassurait... ta bonne humeur, cette joie de vivre imperturbable malgré toutes les misères du monde... les belles paroles qui nous montraient toujours la bonne voie à emprunter et qui a fait aujourd'hui ceux que nous sommes... car j'ai puisé de ton éducation, toute ta sagesse, j'ai retenu chaque leçon que tu m'as enseigné... et si tu es fier du jeune homme que je suis devenu, je le suis aussi de t'avoir eu comme modèle... alors maintenant comment combler ce manque... suis je prêt à affronter la vie sans t'avoir à mes côtés, sans tes conseils ?
Pour un enfant, une mère est invincible, elle incarne notre Dieu à nous... maintenant nous affrontons la terrible réalité sans vraiment y être préparé, chaque personne vient de perdre quelque chose que tu lui apportais... car c'est toi Maman qui apportait du réconfort, et le sourire sur la bouche de chaque malade de cette étage qui avait le bonheur de te connaître ou de croiser ton chemin, malgré ta propre situation... Ce cancer a dû lutté avec acharnement tant ton moral était inébranlable, tant nous te soutenions tous ces après midi dans ta chambre, et il faisait très chaud tant nous étions nombreux... cette chaleur se dégageait de nos c½urs, de notre amour envers toi...
Tu as également lutté contre la douleur, qui au fil du temps grimpait... de ton sein jusqu'aux méninges...tu as pleuré mais tu as tenu bon... je me souviens cette soirée, il était minuit, et nous sommes allé te voir, dans un grand moment de peur, c'était la fin pour les médecins...
Nous sommes allé dans cette chambre voir les dégâts que cette maladie t'avait fait... et je t'ai vu, dans ce semi coma, recroquevillée, faible, fatiguée... et j'ai eu mal de te voir comme ça, pourquoi... dans quelle but faire souffrir de la sorte une personne telle que toi, le pilier de notre famille...pour moi personne ne mérite cela mais toi encore moins... je t'ai tenu la main, je t'ai dis de continuer d'être forte pour nous tous, et dans un effort incroyable, tu t'es réveillé, tu m'as souri, et tu m'a pris dans tes bras...et les jours qui ont suivi tu as repris des forces, du poids, et en un rien de temps tu marchais à nouveau... quel miracle avons nous provoqué cette nuit là ? me suis je dis...mais ça n'était pas un miracle, c'était toi... ton amour a guidé ta volonté et ton cancer n'a rien pu faire contre lui... tu nous as donné une immense leçon à tous que nous ne sommes pas prêts d'oublier...
Deux mois on dit que c'est court dans une vie, mais c'est deux mois de plus que tu as tenu, ont été tellement précieux... si vous avez encore votre mère, alors pensez au temps qui passe, à ce temps précieux et profitez en, comme nous l'avons fait... soyez des enfants dont elle sera fière, comme nous l'avons fait...cette triste journée ne doit pas symboliser notre perte, notre douleur, notre anéantissement... il doit symboliser un cri d'amour pour chaque maman encore là, toujours présentes pour leurs enfants, qui font tant pour nous, des gestes que nous négligeons parfois, mais qui au fond représentent tant quand on les perd... Toi Maman qui voulait que ta mort serve à quelque chose... aujourd'hui nous l'affirmons tous elle nous a servi... malheureusement elle est arrivé trop vite... tu étais jeune, tu n'avais que 42 ans et moi ton fils , j'en ai 16...
Maman je sais que la fin de ta vie a été horriblement douloureuse et épuisante... c'est à la fin que tu as le plus souffert... tu as tant pleuré, peut-être chaque nuit... et j'étais en colère contre un ennemi invisible... qui a pu t'infliger un tel châtiment ? Je peux seulement dire qu'il n'a rien gagné et que nous avons tant perdu...
Mais je suis heureux de savoir que tu t'es éteinte seule avec toi même, sans douleur et d'une manière tellement paisible...
Ce 25 Avril 2007 à 23h50 tu as poussé ton dernier soupir et tu es partie... c'est tellement douloureux à admettre et à accepter...
Maintenant tu vas rejoindre ta mère, et notre chère Toutoune... et vous nous attendrez là-haut...
Bien sûr je sais que tu viendras nous voir tous...
Je t'aime Maman tu vis encore à travers moi
Discours rédigé par Thomas et prononcé à l'enterrement